Pause salutaire
Perdre son emploi ou rester sans travail longtemps n’est pas seulement une question d’argent. C’est aussi une perte de repères, parfois une secousse identitaire. Certains y voient une pause salutaire, d’autres traversent une période de doute, de stress et de remise en question. Tout dépend de nombreux facteurs : l’âge, la situation financière, le genre, les relations sociales, la durée du chômage, ou encore la façon dont on se définit à travers le travail.

« Et toi, tu fais quoi dans la vie ? »
Quand la période s’éternise, le moral s’effrite [1]: isolement, perte de confiance, troubles du sommeil, anxiété. En Suisse, entre un tiers et la moitié des personnes sans emploi souffriraient de difficultés psychiques — plus du double de celles en activité professionnelle. Le regard social, lui, peut être pesant : ce simple « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? » devient parfois une blessure invisible.
La psychologue Cécile Pichon rappelle [2]qu’il est essentiel de ne pas se laisser écraser par la pression.
« Avant toute chose, pensez à vous lâcher la grappe », conseille-t-elle. « Restez connecté·e à vous-même, à vos envies. Quand tout tourne autour de la recherche d’emploi, on finit par surchauffer. »
Cécile Pichon
Reconstruire un équilibre
Autrement dit, prenez le temps de respirer. Le chômage n’est pas une course : c’est aussi un espace pour se recentrer, apprendre à s’écouter et reconstruire un équilibre.
Voici quelques conseils pour optimiser sa période de chômage :
- Lâcher prise. La perte d’emploi bouleverse l’image de soi et fait naître une vulnérabilité face aux attentes sociales. Accepter de ne pas tout maîtriser est une première étape pour aller mieux. Le stress et la culpabilité bloquent plus qu’ils ne motivent : il faut s’autoriser à souffler et à se reconnecter à soi.³
- Se libérer du regard des autres. Autour du chômage gravitent mille injonctions : se lever tôt, faire du sport, se former, réseauter… Pourtant, il n’existe pas de recette universelle. Chacun doit trouver son propre rythme et cesser de se comparer.³
- Identifier ses besoins. La société valorise la productivité, mais il est essentiel d’utiliser ce temps pour comprendre ce dont on a vraiment besoin : repos, apprentissage, rencontres, moments en famille… Poser ses contraintes et ses envies aide à clarifier ses priorités.³
- Alléger ses journées. Les listes de tâches interminables génèrent de la frustration. Mieux vaut choisir quelques activités qui inspirent et redonnent de l’énergie : renouer avec un proche, explorer une idée, ou simplement prendre soin de soi.³
- Rythmer sans culpabilité. Chercher un emploi n’exige pas d’y consacrer toutes ses journées. Un cadre souple, avec des moments dédiés à la recherche et d’autres à la détente, favorise un équilibre durable.
- Trouver le bon réseau. La recherche d’emploi n’est pas qu’une affaire de CV. Parfois, une rencontre compte davantage qu’une candidature en ligne. Prendre un café avec un ancien collègue ou un contact inspirant peut ouvrir des perspectives insoupçonnées.
- S’inspirer. Rester seul devant son écran est contre-productif. Lire, se promener, visiter un musée ou échanger avec des personnes inspirantes stimule la créativité et redonne confiance.
- Prendre de vrais jours “off”. Faire une pause ne signifie pas renoncer. Même au chômage, on a droit au repos. Quelques jours loin des candidatures permettent de revenir plus apaisé et motivé.
- Renforcer son estime de soi. Le chômage peut fragiliser la confiance, mais il offre aussi l’occasion de la reconstruire. Se former, développer de nouvelles compétences ou simplement recevoir un feedback positif aide à se sentir à nouveau légitime.
- Chercher du soutien. Quand le découragement s’installe, il est essentiel de ne pas rester seul. Psychologues, coachs, conseillers Pôle emploi ou associations peuvent aider à retrouver du sens et de la confiance. Lâcher prise. La perte d’emploi bouleverse l’image de soi et fait naître une vulnérabilité face aux attentes sociales. Accepter de ne pas tout maîtriser est une première étape pour aller mieux. Le stress et la culpabilité bloquent plus qu’ils ne motivent : il faut s’autoriser à souffler et à se reconnecter à soi.

Le chômage n’est pas une fin
Certaines personnes restent plus exposées : les jeunes qui entrent sur le marché du travail, les femmes reprenant une activité après une pause familiale, les immigré·e·s ou les personnes peu qualifiées. Pourtant, tous peuvent retrouver équilibre et confiance avec un accompagnement adapté et un peu de bienveillance envers eux-mêmes.[3]
Le chômage n’est pas une fin : c’est un passage, parfois rude, mais aussi porteur de renouveau. Reprendre souffle, sens et cohérence, c’est déjà commencer à rebondir.
Références
[1] Welcome to the Jungle – Profiter du chômage pour souffler peut être nécessaire : stop à la culpabilité ! Barbara Azais, 23 nov. 2022
https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/chomage-bienfaits-therapeutiques
[2] Welcome to the Jungle – 10 conseils pour bien vivre son chômage, Gabriele Predko, 2022.
https://www.welcometothejungle.com/fr/articles/10-conseils-bien-vivre-chomage
[3] Santépsy – Effets du chômage sur la santé psychique, 2024.
https://santepsy.ch/sante-mentale-chomage-et-non-emploi/effets-du-chomage-sur-la-sante-psychique/






