
L’hyperconnexion
L’hyperconnexion, définie par une utilisation excessive des technologies de l’information par le biais des écrans, touche de plus en plus les travailleurs, avec des conséquences sur la santé physique et mentale. Les risques physiques incluent la fatigue visuelle, les troubles musculosquelettiques, et les effets néfastes de la sédentarité.
La lumière bleue

La lumière bleue des écrans affecte le sommeil, augmentant les risques de surmenage. Le télétravail aggrave ces problèmes, étirant les heures de travail et accroissant les risques de maladies cardiovasculaires.
Impact mental
Sur le plan mental, l’hyperconnexion génère du stress, brouille les frontières vie privée/vie professionnelle, et favorise des comportements dangereux. La qualité du travail en pâtit, les stimulations continues liées à l’hyperconnexion entraînent un déficit de concentration et d’attention, rendant difficile la sélection des priorités. Le comportement multitâche nuit à la créativité et favorise une réduction de l’activité à des tâches mineures au détriment de missions complexes.
Socialement, l’hyperconnexion nuit aux relations interpersonnelles. Les entreprises doivent évaluer ce risque professionnel, intégrer l’hyperconnexion dans leur évaluation des risques, et prendre des mesures pour protéger la santé physique et mentale de leurs employés.
Conseils à l’employeur pour prévenir l’hyperconnexion
Prévenir les désordres physiques
- Veiller à l’ergonomie des postes de travail.
- Conseiller les salariés pour réduire la fatigue visuelle et la sécheresse oculaire (20 secondes de pause toutes les 20 minutes pour regarder au loin, au-delà de 5 mètres) ainsi que les douleurs des épaules et du dos.
- Sensibiliser aux bonnes postures.
- Inviter à des pauses pendant la journée.
- Déconseiller de déjeuner devant son ordinateur, mais inciter les collaborateurs à prendre une véritable pause-repas qui offre l’occasion de marcher et d’échanger avec les collègues.
Le droit à la déconnexion
Dans un monde de plus en plus connecté, l’employé se voit souvent dans l’obligation de devoir être joignable hors de ses heures de travail et être sollicité en permanence par l’employeur grâce aux écrans de communication qui le suivent désormais dans le domaine privé. C’est dans cette optique que les lois sur la déconnexion intéressent de plus en plus les salariés, un moyen en somme de les protéger face aux effets néfastes de l’hyperconnexion, tant sur le plan de leur santé physique que de leur santé mentale.

En Suisse
Le travail à domicile, qui a nettement augmenté avec la crise sanitaire du Covid, a brouillé la rupture qui existait entre la vie professionnelle et privée. Si dans plusieurs pays européens des lois ont été mises en place pour protéger les salariés face à la connexion abusive, la Suisse n’a pas encore adopté des lois claires sur le droit à la déconnexion. Il existe néanmoins quelques principes et des outils de protection pour le salarié. En Suisse, la loi sur le travail stipule notamment que l’employeur doit mettre en œuvre les conditions garantissant la santé et le bien-être des collaborateurs.
Elsa Perdaems, juriste spécialiste du droit du travail
En Europe
En France, une loi a été adoptée dès 2017 pour garantir le droit à la déconnexion. Les employeurs doivent ainsi respecter les droits des salariés en suivant quelques règles telles que :
- L’interdiction de connexion sur certaines plages horaires.
- Dispositifs de mise en veille des serveurs informatiques en dehors des heures de travail.
- Consignes de ne pas répondre aux mails ou appels en dehors de ses heures habituelles de travail, de ses congés et de ses temps de repos.
- Laisser les outils de communication professionnels sur le lieu de travail selon certaines conditions.
A l’instar de la France, la Belgique a elle aussi introduit un accord obligeant les employeurs à s’assurer que l’utilisation des outils numériques n’empiète pas sur la vie privée de ses salariés et respecte leur temps de repos.
L’Allemagne est un pays précurseur sur la question de la lutte contre l’hyperconnexion. Cependant, son cas diffère de celui de la France puisque ce sont les entreprises elles-mêmes qui favorisent et procurent un droit à la déconnexion, à l’inverse de son voisin qui a inscrit dans la loi ce droit.
Depuis, l’Espagne, le Portugal mais aussi l’Italie ont débattu sur la question et ont pris des initiatives pour garantir le droit à la déconnexion.
Si toutefois des mesures sont mises en place, les chiffres nous montrent que la place des écrans dans la vie professionnelle et privée est grandissante et la dépendance aux appareils connectés n’est pas prête de ralentir.

Laisser un commentaire